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Black Friday 2025 : Quels sont les points de vigilance ?

Rachel Ruimy
Barreau de Paris
11/27/2025
4 min
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Le Black Friday s’impose comme un moment stratégique incontournable pour les acteurs du retail. Mais derrière l’enjeu commercial, cette période concentre également un niveau de risque juridique particulièrement élevé. Durant cette période, la DGCCRF intensifie ses contrôles afin de vérifier la conformité des promotions et de détecter toute pratique susceptible d’être qualifiée de pratique commerciale trompeuse.

Dans ce contexte de vigilance renforcée, chaque e-commerçant doit s’assurer que ses pratiques tarifaires et l’ensemble de ses obligations issues du droit de la consommation sont parfaitement maîtrisées et mises en œuvre. Cette forte exposition impose une conformité sans faille, seule garante de la prévention des sanctions, des contentieux et des atteintes à la réputation.

Plus largement, la conformité juridique constitue un véritable levier de confiance et de création de valeur :elle rassure les consommateurs, sécurise les opérations commerciales et consolide durablement la crédibilité de la marque. Lorsqu’elle est intégrée au cœur de la stratégie commerciale, elle se transforme en avantage concurrentiel pour les retailers.

I. Le Black Friday : une opération promotionnelle comme les autres

Même si le Black Friday apparait comme une opération commerciale exceptionnelle, il demeure une promotion classique, soumise à la réglementation applicable.

Deux conditions cumulatives doivent notamment être satisfaites :

1 : Le caractère temporaire de l’opération :

Les réductions de prix systématiquement renouvelées peuvent être considérées comme trompeuses.  Un faux sentiment d’urgence doit en aucun cas être créé.

A ce titre, il est rappelé que sont réputées trompeuses les pratiques commerciales qui ont pour objet de déclarer faussement qu'un produit ou un service ne sera disponible que pendant une période très limitée ou qu'il ne sera disponible que sous des conditions particulières pendant une période très limitée afin d'obtenir une décision immédiate et priver les consommateurs d'une possibilité ou d'un délai suffisant pour opérer un choix en connaissance de cause (Art. L.121-4 7° du Code de la consommation)

2 : Le caractère promotionnel du prix :

Le retailer doit faire apparaître, en complément du prix appliqué pendant le Black Friday, le prix de référence à partir duquel la réduction de prix est annoncée.

Ce prix antérieur correspond au prix le plus bas pratiqué par le professionnel à l'égard de tous les consommateurs au cours des 30 derniers jours précédant l'application de la réduction de prix.

Une pratique commerciale est, là encore, trompeuse lorsqu’elle repose sur des indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur et portant sur le caractère promotionnel du prix, notamment les réductions de prix. (Article L.121-2 2° c) du Code de la consommation)

II.  Le Black Friday VS les Soldes

Les opérations promotionnelles menées durant le Black Friday doivent être soigneusement distinguées des réductions de prix pratiquées pendant les périodes de soldes. Ces dernières sont strictement encadrées : elles ne peuvent intervenir que durant des périodes fixées par arrêté et autorisent, à titre exceptionnel, la revente à perte — une pratique qui demeure interdite dans le cadre du Black Friday.

Par ailleurs, l’usage du terme “soldes” est lui-même réglementé et ne peut être employé en dehors des périodes légalement définies. Sont ainsi qualifiées de trompeuses les pratiques consistant, notamment par une publicité ou une opération nationale coordonnée, à laisser croire au consommateur qu’il bénéficie d’une réduction équivalente à celle des soldes en dehors de leur période légale (article L.121-4, 23° du Code de la consommation).

Les pratiques commerciales trompeuses sont pénalement sanctionnées : 2 ans d’emprisonnement et de1.500.000 euros d’amende pour les personnes morales, montant pouvant être porté à 10% du chiffre d’affaires annuel moyen ou à 50% des dépenses engagées pour la publicité ou la pratique sanctionnée. En cas d’infraction de grande ampleur à l’échelle de l’UE, le montant de l’amende peut être portée à 4% du chiffre d’affaires moyen ou à défaut d’information, à 2 millions d’euros.

III.  Les autres obligations à respecter pendant le Black Friday

Le Black Friday n’échappe pas à l’obligation d’usage de la langue française dans les publicités.

Il est donc impératif de faire figurer, dans toutes vos communications commerciales, la traduction de l’expression à savoir : « vendredi noir ».

Dans le cadre des opérations Black Friday, le retailer doit enfin veiller à appliquer l’ensemble des règles encadrant la vente à distance, et notamment :

-           Transmettre au consommateur de manière claire, lisible et compréhensible l’ensemble des informations précontractuelles obligatoires, dont les caractéristiques essentielles du produit commercialisé ;

-           Ne pas induire en erreur sur l’origine des produits ;

-           Ne pas créer une confusion avec un autre produit, une marque, un nom commercial ou un autre signe distinctif d’un concurrent ;

-           Ne pas commercialiser de produits indisponibles ;

-           Permettre au consommateur d’exercer son droit de rétractation ;

-           Respecter les garanties légales (garantie légale de conformité et garantie des vices cachés) ;

-           Adhérer à un médiateur de la consommation et indiquer ses coordonnées ;

-           Ne pas diffuser ou faire diffuser des faux avis.

Le Black Friday représente un moment clé pour les e-commerçants, mais il impose également un haut niveau d’exigence juridique. Cette période constitue une opportunité stratégique pour vérifier la conformité des sites et applications — mentions légales, politique de confidentialité, Conditions Générales de Vente, information précontractuelle— et sécuriser ainsi l’ensemble des opérations commerciales. Une mise en conformité rigoureuse ne se limite pas à un formalisme légal : elle garantit la sécurité juridique des transactions et la confiance des consommateurs, éléments essentiels à la performance commerciale.

Cette vérification de conformité s’inscrit dans une logique plus large : intégrer le droit du numérique au cœur de la stratégie e-commerce transforme une obligation réglementaire en véritable levier de croissance. En réduisant les risques de sanctions et de litiges, l’entreprise protège son capital réputationnel tout en offrant une expérienceclient transparente et rassurante — un avantage compétitif majeur dans un environnement de forte concurrence et de pression sur les prix.

En pratique, la conformité devient un outil stratégique mesurable : elle limite les coûts liés aux contentieux et aux sanctions, sécurise les promotions et les parcours d’achat, et contribue directement à l’augmentation de la conversion et de la fidélisation. Pour l’e-commerçant, investir dans la conformité juridique n’est donc pas seulement un moyen d’éviter des risques : c’est un levier concret de performance, de valeur durable et de différenciation sur le marché.

Stéphane ASTIER

Rachel RUIMY

 

 

 

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